INFERTILITE, QUAND COMMENCER A S’INQUIETER ?

 

Infertilité, la question du délai d’exposition.infertilité quand s'inquieter

Le délai d’exposition est le temps qui s’est écoulé depuis l’arrêt de la contraception (pilule, implant, dispositif intra-utérin), ou des précautions anticonceptionnelles (préservatifs, retrait …) jusqu’au début de la grossesse, ou jusqu’à maintenant s’il n’y pas encore de grossesse.

A partir de quel délai d’exposition à des rapports non protégés doit-on commencer à s’inquiéter ?

  • Un couple de 25-30 ans

La réponse est dans les chances de grossesse par cycle : un couple fertile de 25- 30 ans a environ une chance sur quatre, soit 25%, de chances, de concevoir par cycle ; ces chances restent constantes au cours des cycles successifs. S’il est possible de devenir enceinte dès le 1° ou le second cycle d’exposition, il est aussi possible par le simple jeu des probabilités de ne concevoir qu’au 6° ou 8° cycle malgré une fertilité tout à fait normale. A cet âge, on ne doit pas s’inquiéter avant une année d’exposition.

Si on étudie à posteriori une population de 100 couples spontanément féconds, 25 conçoivent au cours du premier cycle d’exposition, 63 ont conçu en 6 mois, et 80 à la fin de la première année ; après 18 mois, 10% des couples féconds n’ont pas encore conçu : le facteur temps, même s’il paraît long, reste le premier pourvoyeur de grossesses.

Ceci, bien entendu, en dehors de tout antécédent faisant craindre un problème de fertilité : appendicite compliquée, opération des ovaires ou des trompes, troubles des règles chez la femme ; ectopie testiculaire ou varicocèle chez l’homme. Dans ces cas, il n’y a aucun bénéfice à tarder à inventorier le problème.

A partir du moment où aucune grossesse ne s’est installée à cet âge après au moins un an d’attente, on peut considérer qu’il existe un problème d’hypofertilité du couple : l’un (ou les deux) partenaire est affecté d’une anomalie qui réduit sa fertilité, diminuant d’autant les chances de grossesse par cycle : si cette fertilité tombe à 10% par exemple, on comprend qu’il peut falloir deux ans ou plus pour qu’une grossesse s’installe spontanément. Après un an d’attente, et dans la mesure où il est impossible de savoir si une grossesse va survenir dans les mois qui suivent, mieux vaut entamer une démarche diagnostique, ne serait-ce que pour calmer l’angoisse. Il n’est ainsi pas illogique d’entamer des démarches tout en espérant que cette grossesse désirée peut encore se produire : si une anomalie est ainsi découverte chez l’un ou l’autre partenaire, son traitement permettra d’accélérer la survenue d’une grossesse.

  • Après 30 ans

Le problème se complique à mesure qu’avance l’âge de la femme : les chances de grossesse du couple diminuent avec son âge, car ses ovocytes vieillissent : fécondation plus difficile, erreurs génétiques plus fréquentes produisant des embryons incapables de s’implanter, ou n’évoluant que quelques semaines vers des fausses-couches ; par contre, la capacité de l’utérus à porter une grossesse, comme le pouvoir fécondant des spermatozoïdes s’altèrent très peu avec le temps qui passe. Les chances de grossesse qui étaient de 25% avant 30 ans, tombent à 15-20% à 35 ans, à 10-15% à 38 ans, à 5-10% après 40 ans, pour pratiquement disparaître à partir de 43 ans : c’est la fameuse horloge biologique. On conçoit ainsi que même en cas de fertilité normale des deux partenaires, il peut falloir de plus en plus de temps pour qu’une grossesse s’installe spontanément. Ceci d’autant plus qu’il n’existe aucun traitement capable d’améliorer la qualité des ovocytes : c’est pourquoi l’AMP, insémination ou fécondation in vitro, n’est plus pratiquée à partir de 43 ans, car même ces techniques sophistiquées n’ont aucun effets sur le vieillissement ovocytaire, et donc les chances de grossesse.

D’où le dilemme difficile dans lequel les femmes qui atteignent ou dépassent 35 ans sont prises : attendre, sachant qu’une grossesse peut survenir spontanément et sans tracas médical après quelques années ? Ou consulter plus vite, de crainte que cette attente aboutisse à des années perdues, et donc des chances des réussite perdues avec elles ?

Quand faut-il consulter ?

Il n’y a pas de réponse simple à ces questions, mais on peut tenter une approche schématique :

*Avant 35 ans, un an d’attente est un minimum, en l’absence d’antécédents particuliers.

*Après 35 ans, un an d’attente est un maximum, sous peine de risquer de perdre un temps précieux.

Entre les deux, tout sera affaire d’anxiété ou d’impatience : mieux vaut consulter lorsque l’attente devient pénible, envahissante, même si ce n’est que pour se faire rassurer.

2018-12-18T18:04:49+00:00décembre 12th, 2018|Fertilité|